hemophilature

Dans ma tête, c'est d'la confiture.

Encore un an plus tard.

Mardi 19 mai 2015 à 22:37

Dans ta lettre, tu disais que j'étais une magicienne des mots. Pourtant ce n'est pas vrai. J'ai juste essayé d'apprendre à les dompter pour leur faire dire ce que je ressentais à l'intérieur. Ca m'a permis de guérir de certains trucs. Ça m'a permis de grandir. A l'heure d'aujourd'hui, je n'ai plus envie d'écrire parce que je n'ai pas envie de guérir, tout simplement. Pas tout de suite, pas encore. J'ai envie d'avoir mal.

Alors je prends des médicaments pour dormir. Et aussi pour aller au travail. Et pour éviter de pleurer, d'exploser, de crier partout que c'est dégueulasse, de traiter la vie de connasse. Et pour sourire. Et pour supporter le manque.




Un peu plus tard...

Vendredi 23 mai 2014 à 2:30

Mon dernier article date de 2012. J'ai des dizaines et des dizaines d'articles hors ligne, peut-être même une centaine.

Pourquoi tant de temps sans écrire ?

Ce n'était pas facile tous les jours, il y a eu un gros passage à vide, et puis.
Reprendre sa vie en main, arrêter d'écrire qu'il faut le faire et s'y mettre. Pour de vrai. J'ai grandi, je termine mes études, je travaille. Cette année aura été la plus dure depuis le début de mes études. En septembre, j'aurais pu me dire que c'était insurmontable parce qu'il y avait trop de choses à faire en même temps : mémoire, concours, stages. Je me suis dis exactement le contraire : "Tu vas y arriver". Le naturel revient toujours au galop. On le chasse. On aimerait flancher, ce serait plus facile, tellement plus facile de se morfondre et de ne pas essayer. On s'accroche. On essaie. On se trompe. On apprend. Toujours. Commencer à se faire confiance. Un peu. Et puis un peu plus.

Je reviens de loin.

A une époque je ne pensais jamais avoir vingt ans. J'avais arrêté de manger depuis des années, j'ambitionnais de me nourrir de mots et d'autres choses. J'ai fait peur à tout le monde, sauf à moi. J'avais peur de la vie, pensais que ce serait plus facile de devenir invisible et espérais de pas me réveiller un matin. J'engloutissais les kilomètres à pied et je ne parvenais pas à dormir.

Alors pourquoi revenir sur cet endroit déserté ?

Peut-être pour dire que, finalement, c'est possible. Tout n'arrive pas tout cuit le jour où l'on se dit "Plutôt la vie". Il faut essayer de s'en convaincre chaque jour, ne pas tout laisser tomber quand la vie parait n'être qu'un tas de noeuds entremêlés. On a tout le temps de les défaire, les uns après les autres. Parfois, de nouveaux apparaissent même.
J'ai peur encore, tout le temps. Mais je n'ai plus grand chose à écrire. J'ai décidé d'aller contre mes angoisses. J'agis.

Jitterbug

Mardi 12 juillet 2011 à 3:45

- mais toi, tu te plains jamais. J'aurais pu répondre "sisi t'inquiètes, j'ai un blog, personne n'est au courant comme ça vous me prenez pour une fille courageuse et je fais subir mes élucubrations à des yeux inconnus". Qu'est-ce que je pouvais répondre ? Que je me suis habituée à rouler mes émotions en boule et à les fourrer dans mes poches pour les ressortir plus tard, quand je serai seule pour les affronter ? Que j'ai constamment peur de prendre trop de place, alors qu'est-ce que ce serait si je devais étaler mes états d'âme ? On ne dit rien, jamais, mais ce n'est pas une solution. On enfouit trop. Une fois, j'ai été à une visite médicale de routine, pour la fac parce que ça fait des années que je n'ai pas mis les pieds chez le généraliste, et le médecin m'a dit que ça se sentait, qu'il y avait trop de choses enfouies - c'est son mot à lui- et qu'il faudrait trouver un moyen pour les faire sortir si je ne voulais pas exploser. Mais en vrai, j'ai déjà implosé des centaines de fois : quand d'autres s'attaquent à leur entourage, je m'attaque à moi-même. Et ça a été loin, et à chaque fois je m'en suis sortie, toute seule, grâce à des pulsions de vie. Électrochocs. On m'a appris que la vie, c'était difficile pour tout le monde, qu'il fallait se relever des bas et savourer les hauts, se rappeler malgré tout qu'on est quand même privilégiés d'avoir accès à de tels préoccupations. Pour passer à un sujet autre que les préoccupations nombrilistes

Chercher les mots.

Mardi 26 avril 2011 à 11:48

Ecoute comme tout claque, regarde comme tout s'effiloche. Morceaux de laine entre les doigts. Nous tremblons. Les nerfs lâchent et les mots sont les armes subtiles que nous avons choisies.
J'a vécu au bord de ces cils. Je connais les moindres variations de teinte de ces yeux qui me fusillent, des mélanges de couleurs dont est peint l'iris, aux déclinaisons qu'il prend en fonction du temps. Je m'y suis accrochée souvent, je m'y noyais encore il n'y a pas si longtemps.
J'ai toujours aimé les yeux bleu.
A ces après-midis saupoudrés de soleil.
Au sourire niais qui quitte à présent mes lèvres. On s'éteint au fil de tes paroles, vides de sens.
Un déclic s'opère.

Des images dans les poches.

coming out of my cage

Lundi 14 février 2011 à 15:22

Je ne saurais pas vous dire exactement quand, quel jour, quel matin je me suis réveillée, décidée à m'accepter telle que j'étais. Comme si je m'étais réconciliée avec moi-même. A l'intérieur, ça ne tiraille plus : les brûlures sont froides, les plaies se sont refermées. Restent les cicatrices. C'est arrivé. J'ai décidé d'arrêter d'être quelqu'un d'autre ou d'essayer de le devenir. Je suis de moins en moins étrangère à moi-même. Je ne serai jamais parfaite à ma manière, ni à la votre d'ailleurs. J'ai constaté que je m'empêchais de vivre, toute seule. En ce moment, j'essaie de noyer mes névroses et ça marche plus ou moins.
Difficile de trouver de quoi alimenter mes notes de blog, du coup. J'avais l'impression de tourner un peu en rond. Nous verrons ce qu'il adviendra par la suite. Tant pis, j'avance. Il y a des choses que je vais laisser dans les mains du destin, histoire de voir si ça doit arriver vraiment, si c'est inévitable. J'ai toujours l'impression d'avoir cette étoile quelque part. Et puis, d'un autre côté, je crois que j'ai envie de croire en moi, parce qu'il y a des choses que j'ai envie de faire, parce que je dois potentiellement avoir du potentiel.
Même s'il manque quelques pièces au puzzle pour le moment, un jour je serai "heureuse". Ce n'est même pas du conditionnel vous voyez. Et si je n'y arrive pas, j'aurais essayé. Même si j'ai peur des échecs, je dois néanmoins avouer qu'ils forgent mine de rien, d'une façon ou d'une autre.

Cet article est nombriliste à souhait, soit dit en passant.

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