hemophilature

Dans ma tête, c'est d'la confiture.

2018

Jeudi 11 janvier 2018 à 18:32

Presque trois ans plus tard, retomber ici et tout relire. 25 articles en ligne, 180 en comptant les hors ligne. J'ai tout relu.
T'étais torturée quand même.

Et puis, il y a trois ans. Tout perdre. Pas l'envie de guérir donc pas envie d'écrire.

Et aujourd'hui.
Est-ce que ce ne serait pas mieux d'avoir une belle cicatrice plutôt qu'une plaie béante ?


Je ne sais plus. Je ne sais plus comment on écrit sur un blog. Je ne sais plus. J'ai grandi. Encore ? Bientôt la trentaine. Je ne prends plus de médicaments pour dormir, ni pour aller au travail. Un travail stable, qui me plait. Pour le moment. Pour combien de temps ? Le travail c'est bien, mais le reste ? Le reste c'est compliqué, encore et toujours.

Encore un an plus tard.

Mardi 19 mai 2015 à 22:37

Dans ta lettre, tu disais que j'étais une magicienne des mots. Pourtant ce n'est pas vrai. J'ai juste essayé d'apprendre à les dompter pour leur faire dire ce que je ressentais à l'intérieur. Ca m'a permis de guérir de certains trucs. Ça m'a permis de grandir. A l'heure d'aujourd'hui, je n'ai plus envie d'écrire parce que je n'ai pas envie de guérir, tout simplement. Pas tout de suite, pas encore. J'ai envie d'avoir mal.

Alors je prends des médicaments pour dormir. Et aussi pour aller au travail. Et pour éviter de pleurer, d'exploser, de crier partout que c'est dégueulasse, de traiter la vie de connasse. Et pour sourire. Et pour supporter le manque.




Un peu plus tard...

Vendredi 23 mai 2014 à 2:30

Mon dernier article date de 2012. J'ai des dizaines et des dizaines d'articles hors ligne, peut-être même une centaine.

Pourquoi tant de temps sans écrire ?

Ce n'était pas facile tous les jours, il y a eu un gros passage à vide, et puis.
Reprendre sa vie en main, arrêter d'écrire qu'il faut le faire et s'y mettre. Pour de vrai. J'ai grandi, je termine mes études, je travaille. Cette année aura été la plus dure depuis le début de mes études. En septembre, j'aurais pu me dire que c'était insurmontable parce qu'il y avait trop de choses à faire en même temps : mémoire, concours, stages. Je me suis dis exactement le contraire : "Tu vas y arriver". Le naturel revient toujours au galop. On le chasse. On aimerait flancher, ce serait plus facile, tellement plus facile de se morfondre et de ne pas essayer. On s'accroche. On essaie. On se trompe. On apprend. Toujours. Commencer à se faire confiance. Un peu. Et puis un peu plus.

Je reviens de loin.

A une époque je ne pensais jamais avoir vingt ans. J'avais arrêté de manger depuis des années, j'ambitionnais de me nourrir de mots et d'autres choses. J'ai fait peur à tout le monde, sauf à moi. J'avais peur de la vie, pensais que ce serait plus facile de devenir invisible et espérais de pas me réveiller un matin. J'engloutissais les kilomètres à pied et je ne parvenais pas à dormir.

Alors pourquoi revenir sur cet endroit déserté ?

Peut-être pour dire que, finalement, c'est possible. Tout n'arrive pas tout cuit le jour où l'on se dit "Plutôt la vie". Il faut essayer de s'en convaincre chaque jour, ne pas tout laisser tomber quand la vie parait n'être qu'un tas de noeuds entremêlés. On a tout le temps de les défaire, les uns après les autres. Parfois, de nouveaux apparaissent même.
J'ai peur encore, tout le temps. Mais je n'ai plus grand chose à écrire. J'ai décidé d'aller contre mes angoisses. J'agis.

Jitterbug

Mardi 12 juillet 2011 à 3:45

- mais toi, tu te plains jamais. J'aurais pu répondre "sisi t'inquiètes, j'ai un blog, personne n'est au courant comme ça vous me prenez pour une fille courageuse et je fais subir mes élucubrations à des yeux inconnus". Qu'est-ce que je pouvais répondre ? Que je me suis habituée à rouler mes émotions en boule et à les fourrer dans mes poches pour les ressortir plus tard, quand je serai seule pour les affronter ? Que j'ai constamment peur de prendre trop de place, alors qu'est-ce que ce serait si je devais étaler mes états d'âme ? On ne dit rien, jamais, mais ce n'est pas une solution. On enfouit trop. Une fois, j'ai été à une visite médicale de routine, pour la fac parce que ça fait des années que je n'ai pas mis les pieds chez le généraliste, et le médecin m'a dit que ça se sentait, qu'il y avait trop de choses enfouies - c'est son mot à lui- et qu'il faudrait trouver un moyen pour les faire sortir si je ne voulais pas exploser. Mais en vrai, j'ai déjà implosé des centaines de fois : quand d'autres s'attaquent à leur entourage, je m'attaque à moi-même. Et ça a été loin, et à chaque fois je m'en suis sortie, toute seule, grâce à des pulsions de vie. Électrochocs. On m'a appris que la vie, c'était difficile pour tout le monde, qu'il fallait se relever des bas et savourer les hauts, se rappeler malgré tout qu'on est quand même privilégiés d'avoir accès à de tels préoccupations. Pour passer à un sujet autre que les préoccupations nombrilistes

Chercher les mots.

Mardi 26 avril 2011 à 11:48

Ecoute comme tout claque, regarde comme tout s'effiloche. Morceaux de laine entre les doigts. Nous tremblons. Les nerfs lâchent et les mots sont les armes subtiles que nous avons choisies.
J'a vécu au bord de ces cils. Je connais les moindres variations de teinte de ces yeux qui me fusillent, des mélanges de couleurs dont est peint l'iris, aux déclinaisons qu'il prend en fonction du temps. Je m'y suis accrochée souvent, je m'y noyais encore il n'y a pas si longtemps.
J'ai toujours aimé les yeux bleu.
A ces après-midis saupoudrés de soleil.
Au sourire niais qui quitte à présent mes lèvres. On s'éteint au fil de tes paroles, vides de sens.
Un déclic s'opère.

Des images dans les poches.

<< Hémophilavant | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Hémophilaprès >>

Créer un podcast